Nostalgie
Maman est aux fourneaux, Papa finit de préparer les gateaux apéros, le champagne est au frais, tout est presque prêt. On est samedi, il est 18h30 heure française et mes parents reçoivent du monde ce soir à la maison. Même à plus de 5000 km, je peux ressentir l'ambiance de ce moment ... Papa est assis sur le tabouret du bar, télécommande à la main, le regard de temps en temps vers la fênetre au cas où les invités arriveraient. Maman termine son plat principal, le dessert est déjà dans le frigo, les entrées seront faites pendant l'apéro. Julien descend, il s'empare de quelques tomates cerises sous l'oeil assassin de Maman. Julien s'est (trop) parfumé ce soir, Maman a l'air d'un sapin de Noël à cause de son ensermble "bague-bracelet-collier-boucles d'oreilles" et Papa a longtemps hésité entre un jean ou un pantalon noir, entre une chemise et un tee-shirt. Ce soir, je vis cette soirée à travers mes souvenirs car depuis 21 ans, j'adore les samedis soir. C'est une parenthèse entre un samedi shopping et un dimanche télé, entre les copines et les devoirs. Mais aujourd'hui, je ne revivrai plus ces samedis là. Fini de voir arriver les invités sur leur 31, de s'asseoir à la droite de Maman, de profiter d'un généreux repas (foie gras, parmentier de canard, fromages et salade de fruits) et de profiter d'une soirée qui dure tard, tard, tard, ... Non, dans quelques mois, je serais de l'autre côté du miroir. A 18h30, je ne viendrais pas piquer quelques tomates cerises. Je serais chez moi, à quelques kilomètres de chez mes parents. Je serais sur le point de partir, clés de voiture à la main. 20 minutes de route plus tard et je me gare (non sans mal dans une rue surchargée !). J'arrive au portail blanc, pas la peine de sonner la cloche car on m'attend. Je m'arrête quelques instants pour voir la scène : Maman passe du frigo à la cuisine, Papa pose les verres sur la petite table et Julien attends sur le canapé. Oui, aujourd'hui, c'est moi qui vient dîner. Hier, quand Isabelle a demandé à Maman ce qu'elle faisait ce week-end, elle n'a pas répondu qu'elle recevait à dîner "nos amis de foot-des collègues-mes beaux parents", elle a dit "ma fille". Depuis un mois, je ne fais plus partie du foyer, j'ai décidé de vivre ma vie (certes, un peu loin) et cela me rend nostalgique en pensant à votre soirée mes chers parents ! Papa, lâche-toi et prends deux desserts aujourd'hui, Maman, profite de ta soirée en oubliant un peu que c'est toi qui reçoit et Julien, bois autant de soda que tu veux ! Ma famille, je vous souhaite une belle soirée !